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Disponible
Titre
Anges et Bourreaux / La gloire de la chair / Le dessous des cartes
Réalisateur
Alain Jaubert
Date de sortie
1989
Durée
0 h 03 min
Production
Palette Prdoduction, Arte, France télévision, Musée du louvre, Delta Image, RMN /CNRS, Images média
Pays
France
Langues
Français
Slogan
Analyse, Œuvre, Peinture /détails

La collection Palettes mène une véritable enquête policière pour dévoiler l’histoire de l’œuvre et les intentions du peintre. Grâce à l’animation vidéo, chaque tableau est analysé, décomposé et les secrets des images sont racontés comme autant d’aventures.

Ce DVD contient les épisodes suivants :

Anges et Bourreaux – Cycle de Saint Matthieu pour Saint-Louis-des-Français à Rome, Le Caravage, 1599-1602

C’est un prélat français qui commandita la décoration de la chapelle Contarelli en l’église Saint-Louis-des-Français de Rome, consacrée à son saint patron Matthieu. Mais il mourut bien avant de savoir que le résultat serait trois tableaux réalisés avec une rapidité étonnante autour de 1600, par un jeune peintre lombard surnommé Caravaggio, qui signait là son premier cycle religieux.

Le fidèle pénètre entre deux grandes toiles qui se font face : La Vocation et Le Martyr de Saint Matthieu. Au maître-autel s’en inscrit une autre, plus petite : Matthieu et l’Ange. Trois épisodes destinés à édifier la conscience catholique du pèlerin français et à stimuler son émulation par la force de l’image, selon les préceptes de la Contre-réforme en cette époque de guerres de religion. Le Caravage, pour mieux convaincre que la Grâce peut toucher quiconque en tout lieu et lui donner le courage de surmonter ses épreuves pour obtenir le Salut, donne à ses personnages grandeur nature les traits de ses amis, les habille comme ses contemporains et les place dans un décor à la fois vague et réaliste. Mieux : le clair obscur des trois scènes est régi par une même source de lumière qui se confond avec celle qui éclaire réellement la chapelle, une lucarne axiale. Le visiteur, touché, peut ainsi lui aussi suivre la main du Christ et celle de Saint Pierre, pilier de l’Église romaine.

La Gloire de la chair – Portraits d’Hélène Fourment, Rubens, 1630-1640

En 1630, un homme d’âge mûr, Pierre-Paul Rubens, épouse une jeune fille à peine sortie de l’adolescence, Hélène Fourment. Dans les dix années que le destin leur laissera partager, l’artiste renommé, richissime et anobli, prolifique dans son œuvre autant que dans sa vie, peindra à travers cette honnête bourgeoise l’essence bien tangible du bonheur familial et de la beauté charnelle.

Dans la peinture du Maître, si le rôle de sa première femme, Isabelle Brandt, revêtait une aura sacrée en servant de modèle à la Vierge, les avatars peints de sa seconde épouse sont plus complexes. Elle aussi prend parfois des allures de Madone à l’enfant. Son rôle de mère est cependant souvent exalté dans des situations plus réalistes, avec l’un ou l’autre de ses bambins, avec Rubens, volontiers dans le jardin de leur belle propriété à l’italienne d’Anvers. Elle incarne aussi l’épouse, au bouquet de fleurs d’oranger ou en tenue de ville. Dans un portrait du Louvre, elle est représentée telles les souveraines dont l’artiste reproduit fréquemment et avec fidélité la splendeur des parures et les traits altiers. Elle prête encore son visage à quelque personnage allégorique ou biblique. Mais c’est dans le mythe qu’elle s’épanouit le mieux, en Diane, en Vénus ou en Andromède, dénudée à souhait sous les yeux et les mains agiles de son peintre de mari baroquement amoureux.

Le Dessous des cartes – Le Tricheur, Georges de La Tour, vers 1635

Etude du tableau de Georges de La Tour Le Tricheur (vers 1635). Alain Jaubert décrit minutieusement la scène représentée (expressions, attitudes et costumes des personnages) et reconstitue la partie de prime, ancêtre du poker, qui est en train de se jouer. Le tableau est mis en parallèle avec une version antérieure, Le Tricheur à l’as de trèfle, et une autre oeuvre du peintre, La Diseuse de bonne aventure. Comme le thème de la diseuse de bonne aventure, celui du tricheur illustre un genre en vogue à partir du milieu du XVIe siècle, inspiré par les situations comiques et les personnages types de la commedia dell’arte. Ce pourrait être une allégorie de la double tentation : le jeu et la femme. Redécouvert tardivement, comme l’ensemble de l’oeuvre de Georges de La Tour longtemps attribuée à d’autres peintres, Le Tricheur fut considéré à tort par certains experts comme un faux, peut-être parce que, comme le pense Alain Jaubert, il s’agit d’une image improbable et excessive de la réalité.